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Mettre les systèmes alimentaires au service des personnes et de la planète

Appel du Secrétaire général à accélérer l’action pour la transformation des systèmes alimentaires

1. En septembre 2021, l’ONU a réuni des dizaines de milliers de participants, du niveau local au niveau mondial, au Sommet sur les systèmes alimentaires. Deux ans plus tard, en juillet 2023, nous nous retrouvons à Rome au Bilan après le Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires, organisé par le Gouvernement italien à l’initiative du Secrétaire général, pour faire le point sur les engagements pris et accélérer l’action mondiale visant à éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire et améliorer la nutrition (ODD 2), autant de facteurs devant contribuer à la réalisation du Programme 2030 et de ses objectifs de développement durable (ODD)

2. Depuis 2021, la pandémie de covid-19, la triple crise planétaire et la guerre en Ukraine ont fortement ébranlé des systèmes alimentaires déjà fragiles. L’inflation a fait grimper les prix de l’alimentation. Les marges de manœuvre budgétaires se sont resserrées. Les chaînes d’approvisionnement sont grippées et les plus pauvres ont peu de solutions, voire aucune, pour s’en sortir alors que les répercussions économiques des crises extérieures ont provoqué une dépréciation des monnaies et la hausse du coût des importations et du coût du financement

3. Les personnes déjà pauvres, en situation d’insécurité alimentaire ou exposées au risque de malnutrition sont en danger, en particulier les femmes, les filles et les populations autochtones, ainsi que les agriculteurs qu’on abandonne à leur sort. Ces crises ont aussi aggravé les pressions qui pèsent sur les ressources naturelles et les milieux dont la préservation est vitale si l’on veut assurer de bonnes conditions de vie aux générations futures

4. Les pouvoirs publics sont restreints dans leurs capacités d’intervention face aux effets des dérèglements systémiques, en particulier dans les petits États insulaires en développement et les pays endettés à faible revenu, qui ne sont pas en mesure de mobiliser les ressources financières dont ils ont besoin en raison de la dépréciation de leur monnaie et de la hausse de leurs factures d’importation. Chaque mois, le nombre de personnes qui ne peuvent pas exercer leur droit à l’alimentation augmente. Les enfants perdent en capacité d’apprentissage. Pourtant le développement de programmes de repas scolaires, qui pourrait catalyser la transformation des systèmes alimentaires et la réforme de l’architecture financière internationale, à l’heure actuelle inadaptée, leur serait à eux aussi profitable

5. Ainsi, le nombre de personnes souffrant de la faim et de l’insécurité alimentaire a augmenté depuis 2015, sous l’effet de la pandémie, des conflits, du changement climatique et du creusement des inégalités. En 2022, ce sont 258 millions de personnes qui, dans 58 pays, souffraient d’insécurité alimentaire aiguë, soit une augmentation de 34 pour cent par rapport à 2021. Et 45 millions d’enfants souffraient d’émaciation. À l’échelle mondiale, les ménages agricoles représentent jusqu’à deux tiers des personnes vivant dans la pauvreté extrême. Si les tendances actuelles persistent, 575 millions de personnes vivront encore dans la pauvreté extrême en 2030. On prévoit qu’environ 600 millions de personnes souffriront toujours de la faim à cette date, ce qui équivaut à 7 pour cent de la population mondiale. C’était la même proportion en 2015 et aucun progrès n’aura été accompli sur l’ODD 2. Par ailleurs, les systèmes alimentaires actuels restent responsables de la pollution et de la dégradation des sols, de l’eau et de l’air: ils produisent 28 pour cent des émissions de gaz à effet de serre, sont responsables de la perte de biodiversité à hauteur de 80 pour cent et absorbent jusqu’à 70 pour cent de l’eau douce utilisée

6. L’idée d’une transformation a pris racine et créé une dynamique de changement. Les pays ont voulu inscrire leurs ripostes à la crise alimentaire dans l’approche intégrée que le Secrétaire général a proposée aux États Membres en 2021, dans son rapport d’évaluation «Mettre les systèmes alimentaires au service des personnes et de la planète – Bilan 2 ans après le Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires

7. Depuis lors, plus de 155 coordonnateurs nationaux pour les dialogues sur les systèmes alimentaires ont pris leurs fonctions, avec l’appui de réseaux de soutien nationaux. Les 126 feuilles de route nationales présentées sont des guides à suivre pour la transformation des systèmes alimentaires. Au cours des derniers mois, 107 pays ont chacun relaté en détail le chemin qu’ils ont parcouru en matière de systèmes alimentaires. Tout cela témoigne de l’esprit d’initiative et de la volonté d’agir qui existe, aussi bien dans les pays pris dans leur ensemble qu’au sein de chacun d’eux, en vue de réaliser les priorités des feuilles de route

8. Le Bilan fait état des contraintes qu’il faut surmonter. Celles-ci, pour la plupart, échappent à l’action des autorités nationales. Cependant, à l’occasion du Bilan, les pays ont recensé les éléments nécessaires pour exploiter les potentiels et trouver des solutions, en particulier en ce qui concerne les points essentiels et ceux sur lesquels il est urgent d’agir. Le message est très clair

Aucune ambition n’est démesurée si l’on veut créer des systèmes alimentaires qui associent droit à l’alimentation et réalisation des ODD pour toutes et tous  

Des progrès tangibles ont été accomplis, mais il reste encore beaucoup à faire 

Une action concertée et urgente est nécessaire afin de concrétiser le potentiel qu’offrent les systèmes alimentaires 

9. J’appelle les gouvernements, les institutions financières internationales, les associations d’agriculteurs, le secteur privé, la société civile, les institutions scientifiques, les jeunes, les agriculteurs autochtones et les médias à s’atteler en priorité à la création des futurs systèmes alimentaires en s’attachant à six points qui, à mes yeux, nécessitent une action concertée:

  • Intégrer des stratégies relatives aux systèmes alimentaires dans toutes les politiques nationales qui ont pour objet le développement durable, les conditions de vie, la nutrition et la santé des populations, la croissance économique, l’action pour le climat et la nature, et la lutte contre les pertes après récolte, en veillant à ne laisser personne pour compte.
  • Mettre en place une gouvernance des systèmes alimentaires qui associe tous les secteurs et toutes les parties prenantes dans une approche axée sur l’ensemble de la société, conciliant le court et le long terme
  • Investir dans la recherche, les données, l’innovation et les capacités technologiques, notamment en renforçant les liens avec les sciences, les expériences et l’expertise.
  • Approfondir la conception et la mise en œuvre participatives, en y associant les femmes, les jeunes et les populations autochtones au niveau local, et en veillant au partage des connaissances, à la programmation intersectorielle, aux partenariats multipartites, aux mesures contextuelles et territoriales, à l’obligation de responsabilité mutuelle et au renforcement et à la diversification de la production
  • Encourager les entreprises à se mobiliser davantage, notamment dans le cadre de partenariats public-privé, pour assurer la durabilité des systèmes alimentaires et créer et renforcer les mécanismes de responsabilité, compte tenu de leur rôle capital dans les systèmes alimentaires.
  • Assurer l’accès aux financements accordés à des conditions de faveur à court et à long terme, aux investissements, aux aides budgétaires et au rééchelonnement de la dette

Dans le cadre de nos mesures d’urgence, en collaboration avec le FMI, la Banque mondiale et les institutions financières internationales, il convient de mettre immédiatement à disposition un minimum de 15 milliards de dollars d’investissements pour fournir aux pays un soutien urgent et une protection sociale, en particulier dans les pays africains qui sont deux fois plus touchés par la faim que la moyenne mondiale. Il faut appliquer dans leur intégralité le mécanisme relatif aux importations alimentaires recommandé par le Groupe mondial d’intervention en cas de crise, ainsi que le mécanisme de stocks de denrées alimentaires préconisé par la cinquième Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés. Il convient d’éviter les obstacles au commerce, les subventions qui peuvent avoir des effets néfastes et les restrictions à l’exportation, et il faut lutter contre la tentation de rétention et les comportements spéculatifs. Nous devons assurer l’ouverture, l’intégrité, la transparence du marché et la résilience des chaînes d’approvisionnement

Donner un nouvel élan aux ODD peut changer la donne et permettre de trouver des marges de manœuvre budgétaires et un accès aux ressources, au moyen notamment d’une réaffectation des droits de tirage spéciaux par l’intermédiaire des banques multilatérales de développement et d’autres détenteurs agréés, afin d’accélérer la transformation des systèmes alimentaires et les autres transitions nationales en matière de développement, et afin d’apporter une assistance immédiate aux pays en développement

10. Nous devons également aligner la mise en œuvre des feuilles de route de transformation des systèmes alimentaires nationaux sur les contributions déterminées au niveau national, qui sont régulièrement actualisées, et sur les plans nationaux d’adaptation en faveur de l’action pour le climat. Cela concerne en priorité l’adaptation des systèmes alimentaires au changement climatique et aux pertes de services écosystémiques, ainsi que les investissements visant à renforcer la résilience des systèmes agricoles et à réduire la vulnérabilité des producteurs qui dépendent de ces ressources naturelles

11. Il existe actuellement un grand nombre d’initiatives internationales qui visent à favoriser la transition alimentaire et d’autres transitions liées au développement durable, conformément aux ODD et à l’Accord de Paris. Il faut toutefois assurer plus de cohérence et de collaboration, et réduire les doubles emplois et les fardeaux qui grèvent la mobilisation à l’échelle nationale

12. Pour réduire la vulnérabilité et les difficultés auxquelles font face les communautés et les personnes (en particulier les populations rurales, les producteurs d’aliments, les agricultrices et les peuples autochtones, dont les moyens de subsistance reposent sur les systèmes naturels et sur l’élevage), il faut placer en tête des priorités la conception et la mise en œuvre du Fonds pour les pertes et les préjudices de la CCNUCC, la capitalisation complète du Fonds vert pour le climat et l’initiative Alimentation et agriculture au service d’une transformation durable (FAST) du programme d’adaptation de Charm el-Cheikh. Le rapport du Groupe d’experts de haut niveau sur les engagements des acteurs non étatiques conseille les entreprises agroalimentaires pour qu’elles fixent des objectifs climatiques crédibles et vérifiables afin de réduire les émissions de CO2 et de faire en sorte que l’objectif d’un réchauffement de 1,5 °C demeure réalisable

13. Les participants au Bilan 2 ans après le Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires, en ce mois de juillet 2023, échangent sur les enjeux, dont ils sont de plus en plus conscients, la nécessité d’aboutir à des résultats et leur engagement à agir collectivement. Depuis 2021, on est davantage et plus largement conscient de la nécessité urgente de réorienter les systèmes alimentaires mondiaux, et de trouver des solutions pour y parvenir selon une approche inclusive et transformatrice des réalités sociales, économiques et environnementales qui permettra de donner un nouvel élan aux mesures visant à améliorer les conditions de vie de millions de personnes, en particulier des femmes et des jeunes

14. Dans les années à venir, le Pôle de coordination des Nations Unies sur les systèmes alimentaires va s’attacher à renforcer les capacités des coordonnateurs nationaux pour les dialogues sur les systèmes alimentaires à guider des processus nationaux inclusifs; à alimenter un réseau de coordonnateurs; à optimiser les réseaux nationaux d’appui, en tirant parti des coalitions internationales; à coordonner les entités des Nations Unies et à s’aligner sur d’autres acteurs. Le Pôle fera appel au nouveau guichet du Fonds commun pour les ODD consacré à la transformation des systèmes alimentaires, qui vise à mobiliser 100 millions d’euros d’ici à la fin de 2024, à l’écosystème d’appui scientifique et à d’autres parties prenantes afin de favoriser des processus de transformation des systèmes alimentaires qui s’appuient sur des données factuelles et qui associent de multiples parties prenantes

15. L’ensemble du système des Nations Unies veillera à améliorer la coordination et les partenariats, notamment avec les institutions financières, les banques nationales publiques et les banques multilatérales de développement, afin que la transformation des systèmes alimentaires puisse se concrétiser pour l’ensemble des populations dans les 150 pays qui se sont déjà engagés dans cette voie et pour les autres parties prenantes qui se rallieront à cette initiative dans les mois et les années à venir. Les trois organismes ayant leur siège à Rome, la FAO, le PAM et le FIDA, vont accroître leur mobilisation en tirant parti du Pôle de coordination sur les systèmes alimentaires et en lui apportant un soutien. Ils continueront aussi d’organiser des rencontres, et de guider et d’encourager l’action aux niveaux mondial, régional, national et local.

Le Bilan 2 ans après le Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires éclairera les rencontres à venir, notamment le Sommet sur les ODD, la COP 28 et le Sommet de l’avenir en 2024

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  • Dialogues et feuilles de route
  • National Pathways Analysis Dashboard

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